La stomatophobie ou la phobie du dentiste

Publié le 09/11/2012

La phobie du dentiste, aussi appelée la stomatophobie, existe et est bien plus répandue que ce que l’on pourrait imaginer. Ce n’est pas la simple peur d’un scanner dentaire, d’une radio des dents ou encore d’un petit check-up que l’on fait de temps en temps pour voir si tout va bien. Non, la stomatophobie est quelque chose de bien plus grave.

Définition et quelques chiffres

La phobie du dentiste est une maladie. C’est « une terreur irraisonnée de l’acte dentaire ». Ce n’est en aucun cas un caprice ou une simple crainte. D’après des statistiques, il y aurait 10% de la population mondiale atteinte par cette phobie. Il existe un test afin de mesurer cette peur incontrôlable du dentiste : le PhobieSelbstTest ou PST. Les personnes atteignant plus de 38 points au test sont considérées comme atteintes par cette phobie. D’après les résultats de ce test, datant déjà de 2007, 59% des personnes ayant plus de 38 points se situent dans la tranche d’âge des 25-45 ans. De même, les personnes atteintes par cette phobie, sont contrairement à ce que l’on pourrait croire, majoritairement des femmes. Mais cette dernière donnée reste controversée car un élément frappant est à ajouter à l’équation. Beaucoup de participants au test ne précisent pas leur sexe. De plus, ce test n’est pas le meilleur. Beaucoup de patients disent souvent qu’ils donneraient une valeur différente selon leur situation.

Sur le plan physique

À force de ne plus aller chez le dentiste et de ne pas recevoir de soin, la dentition se détériore. Les caries apparaissent, les dents cassées ne sont pas soignées. Les rages de dents sont très fréquemment présentes et d’autres maladies peuvent se développer telles que la gingivite, la parodontite ou encore la récession gingivale. Pour les enfants stomatophobes, les conséquences sont plus graves encore, on ira jusqu’à parler de délabrement dentaire. Les dents de lait se dégradent ce qui engendre un mauvais développement de la mâchoire. Ce mauvais développement de la mâchoire entraîne par la suite un déficit de croissance, ce qui est la cause directe de malocclusions. Par ailleurs, ces dernières sont difficilement soignables une fois l’enfant devenu adulte.

Beaucoup utilisent toutes sortes de techniques afin d’apaiser la douleur. L’ibuprofen est le médicament le plus couramment utilisés. La plupart des stomatophobes favorise les aliments froids qui n’ont pas besoin d’être mâchés pour ne pas trop souffrir lors du repas. Pour apaiser la douleur, certains vont boire un verre d’eau froide et garder l’eau dans la bouche pendant quelques temps, d’autres vont se mettre une compresse de glace sur la joue. Lorsque la douleur est vraiment intense et trop insupportable, certains iront même jusqu’à se piquer la gencive douloureuse avec leur ongle ou se mette en position fœtale dans le noir et le silence afin de se concentrer sur la douleur et de la minimiser tout en prenant des médicaments. Certains atteignent même le stade de névralgie.

Sur le plan moral et social

Cette douleur est réellement handicapante pour les stomatophobes. Elle empêche de manger, parfois même de parler et de sourire. D’autre part, par manque de soin, les dents se dégradent. Ces personnes vont même jusqu’à éviter d’ouvrir la bouche. Elles n’osent donc plus parler, ni rire ou même sourire. Elles évitent tout contact, elles s’interdisent les soirées entre amis, et refusent d’aller au cinéma ou d’avoir une relation. Elles ont donc de moins en moins de vie sociale car elles ont honte de leurs dents. En effet, avoir une mauvaise dentition est considéré, de nos jours, comme un manque d’hygiène.

Les traitements

Malheureusement, il existe peu d’experts ou de spécialistes dentistes pour « gérer » les patients stomatophobes. On en compte seulement une petite dizaine dans le monde. Dont la plupart est d’ailleurs en Allemagne. Il existe tout de même quelques traitements pour ceux souhaitant tout de même recevoir des soins et aller chez le médecin.

Tout d’abord recevoir un suivi thérapeutique peut être un premier pas, que ce soit par un psychologue, un psychiatre ou même une personne de l’entourage qui est rassurante et en qui les malades ont confiance. Avant de se rendre chez le dentiste, certains prendrons des anxiolytiques. D’autres ont recours à l’hypnose ou à l’acupuncture.

Pour les enfants, il existe un gaz à inhaler qui est composé à 50% de gaz hilarant et à 50% d’oxygène. Il est généralement utilisé pour de courtes interventions. Il amène à la relaxation et a aussi un effet d’anxiolytique et d’antalgique.

Article sponsorisé

Matthieu SIMON

Fondateur et rédacteur principal de Cours-Pharmacie

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